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Ouverture de la 8ème édition du Festival de Casablanca du théâtre amazigh : un vibrant hommage à l’écrivain Assafi Moumen Ali

Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 8ème édition du Festival de Casablanca du théâtre amazigh a officiellement ouvert ses portes. Organisé par l’Espace Tafoukt pour la Création, en partenariat avec l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) et le Conseil de la région Casablanca-Settat, cet événement se poursuivra jusqu’au 4 octobre. Les festivités se déroulent dans plusieurs théâtres de la région, accueillant des troupes marocaines et étrangères dans le cadre d’un programme culturel et artistique dense et diversifié.

Cette huitième édition s’inscrit dans la commémoration du 25ème anniversaire du Discours Royal d’Ajdir, une étape que les organisateurs considèrent comme fondatrice dans le processus institutionnel de promotion de la langue et de la culture amazighes.

À cette occasion, le président du festival, Khalid Bouichou, a déclaré à l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) que cette édition représente un jalon important dans l’histoire de la manifestation, notamment par la richesse de sa programmation et son ouverture sur des expériences théâtrales nationales et internationales variées.

Placée sous le signe de la fidélité et de la reconnaissance, cette édition célèbre des personnalités ayant grandement contribué au développement du théâtre et de la culture amazighes. En tête de liste figure l’écrivain dramaturge Assafi Moumen Ali, aux côtés d’hommages rendus à titre posthume à l’artiste feu Abou Ali Abdelali, ainsi qu’à la journaliste Amina Ben Cheikh et à l’artiste Haj Mohamed Bougassen (Smouken).

M. Bouichou a ajouté que l’ambition du festival est de faire du théâtre amazigh un espace de création, de dialogue et de rencontre entre les artistes, les chercheurs et le public, à travers des représentations, des séminaires, des expositions, des ateliers de formation et des rencontres littéraires.

De son côté, Fouad Azroual, président du jury, a souligné que l’intérêt porté par l’IRCAM au théâtre amazigh n’est ni passager ni conjoncturel. Il s’agit selon lui d’un choix stratégique fondé sur la place centrale de cet art dans la préservation de la mémoire et la valorisation de l’identité, de la langue et du patrimoine amazighs.

Il a précisé que le théâtre constitue également un espace pour mettre en lumière l’esthétique et les thématiques amazighes. Sur le plan de la communication, il représente un outil proche du public, capable de bâtir des ponts de dialogue et de divertissement. M. Azroual a également rappelé que l’IRCAM œuvre, tout au long de son parcours, à mettre en place des mécanismes concrets et durables pour promouvoir cet art, notamment par l’organisation de colloques, le soutien financier et scientifique aux projets des associations et troupes, ainsi que par la mise en place de sessions de formation.

Pour sa part, le dramaturge honoré, Assafi Moumen Ali, a exprimé sa profonde gratitude pour cet hommage, soulignant que cette reconnaissance représente un moment fort et un encouragement à poursuivre son engagement au service du théâtre amazigh et de la création artistique.

Le programme du festival comprend la compétition officielle pour le Prix National de la Culture Amazighe, catégorie théâtre, organisée par l’IRCAM. Quatre œuvres produites en 2025 sont en lice : « Walou dhi rekhawi » de la troupe Amzyan de Nador, « Afrak » de la troupe Konstamz pour les recherches théâtrales de Tiznit, « Aawed Nouawed » de la troupe Khmiss’Art de Khémisset, et « Igoud » de l’Atelier Agadir pour les Arts.

Outre la compétition, la programmation propose des représentations de troupes venant du Maroc, des Émirats Arabes Unis, d’Irak, de Palestine, d’Égypte et de Tunisie, complétées par plusieurs séminaires intellectuels.

Le festival étend également ses activités aux domaines de l’édition et de la formation. Il accueille une exposition des publications de l’IRCAM, ainsi qu’un espace dédié aux écrits dramatiques avec les éditions de l’Instance Arabe du Théâtre. Deux séances de signature sont prévues pour les ouvrages « Le théâtre amazigh au Maroc : de la genèse à la diffusion » du chercheur Dr Omar Idtnine, et « Tifsa n Aït Saden » du Dr Ali Mossabri.

Sur le plan pédagogique, plusieurs ateliers sont au programme, portant sur l’écriture en Tifinagh, la documentation médiatique du théâtre par l’image, le lexique théâtral en amazigh et la narration narrative au théâtre.

Enfin, le jeune public n’est pas oublié : quatre représentations sont programmées au Complexe Hassan II pour les Jeunes au profit des pensionnaires du centre Abdessalam Bennani pour la protection de l’enfance, en plus de spectacles matinaux destinés aux enfants et adolescents durant le week-end.