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Tanger : Un regard croisé sur la condition féminine en Méditerranée entre héritage et mutation

À l’occasion de la deuxième édition des « Rencontres méditerranéennes de Tanger », un panel d’intervenantes a partagé ses réflexions et perspectives croisées sur les trajectoires féminines, l’héritage culturel et familial, ainsi que les liens profonds qui unissent les différentes rives de la Méditerranée.

Les discussions ont porté sur la diversité des expériences vécues par les femmes, la transmission des valeurs et des traditions, ainsi que sur le rôle essentiel de la culture, de l’écriture et du dialogue dans la compréhension des réalités féminines de part et d’autre du bassin méditerranéen.

Claudia Maria Tresso, professeure titulaire de langue et littérature arabes à l’Université de Turin (Italie), a mis en exergue les liens unissant les femmes de la Méditerranée, notamment à travers la solidarité, la famille et l’importance des relations humaines. Elle a souligné que ces expériences partagées transcendent les différences de parcours et de sociétés. Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité du dialogue et de la connaissance mutuelle pour surmonter les préjugés, affirmant que les femmes peuvent agir comme un pont entre les diverses cultures méditerranéennes.

De son côté, l’écrivaine Imane Nassiri a souligné la pluralité des vécus féminins en Méditerranée. Elle a abordé l’importance de l’héritage et de la transmission des valeurs qui façonnent les destins, tout en relevant les disparités qui caractérisent les sociétés méditerranéennes. Mme Nassiri a expliqué que ses écrits visent à donner une voix à cette diversité, en explorant les forces, les fragilités, les aspirations et les sensibilités des femmes, tout en plaidant pour l’empathie afin de saisir leurs réalités sociales.

Souad Jamai, cardiologue, écrivaine et scénariste, a décrit la Méditerranée comme un espace de mémoire et de contradictions, imprégné d’histoire, de traditions, de modernité et d’une aspiration à la liberté. Elle a soutenu que l’identité de la femme méditerranéenne peut être comprise comme une « identité sans frontières », sculptée par des héritages et des expériences multiples.

La romancière et nouvelliste Leila Bahsaïne a, quant à elle, perçu la Méditerranée comme un espace de partage et un miroir entre les rives. Évoquant son propre parcours, elle a précisé que les disparités entre hommes et femmes et les inégalités d’accès à la culture ont été à l’origine de sa première rébellion et ont contribué à forger sa plume. Elle a ajouté qu’elle écrit par nécessité, puisant la matière de ses œuvres dans ses propres préoccupations tout en accordant une importance capitale au travail stylistique, estimant que les femmes écrivaines devraient avant tout être perçues comme des auteurs, plutôt que d’être cantonnées à une lecture réductrice axée uniquement sur la « condition féminine ».

À travers ces visions plurielles, cette table ronde a mis en lumière la richesse des parcours féminins en Méditerranée et le rôle moteur de la culture et des liens humains dans la construction des trajectoires individuelles.

Les activités de cette deuxième édition des « Rencontres méditerranéennes de Tanger » se poursuivent jusqu’au 27 septembre. Organisé à l’initiative de la Fondation « Funoun Al-Bougar », cet événement bénéficie du soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication ainsi que de la commune de Tanger. Il est dédié aux voix, aux regards et aux récits des femmes de la Méditerranée. Le programme comprend des tables rondes sur la création littéraire, l’art et le statut des femmes, ainsi que des rencontres avec des personnalités du monde culturel, incluant un hommage particulier au poète Mahmoud Darwich.