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Élections du 23 septembre : les attentes des jeunes de Rabat-Salé-Kénitra au-delà du quotidien

À l’approche du scrutin du 23 septembre, les jeunes de la région de Rabat-Salé-Kénitra manifestent un intérêt marqué pour la crédibilité des programmes électoraux. À l’instar de leurs pairs dans l’ensemble du Royaume, ils scrutent la capacité des candidats à transformer les promesses en réalisations concrètes. Leurs aspirations se concentrent sur des enjeux fondamentaux : l’accès à des emplois stables, des perspectives de carrière claires, une éducation et une formation professionnelle en adéquation avec les besoins du marché, ainsi qu’une amélioration significative des services publics tels que la santé, le logement et le transport.

Pour ces jeunes, la valeur d’un programme électoral réside dans sa capacité à refléter une réelle compréhension de leurs priorités. Ils attendent des partis politiques des visions pragmatiques, délaissant les discours vagues au profit d’engagements précis, capables d’être évalués et soumis à la redevabilité.

Le coordinateur régional de l’association « Les Citoyens », Bachir Abouyassine, souligne que la diversité territoriale et sociale de la région, qui compte plus de cinq millions d’habitants, rend complexe la réduction des attentes des jeunes à quelques demandes uniques. Toutefois, il note une convergence sur des besoins cruciaux : l’emploi, le transport, le logement, la culture et le sport.

Dans un entretien accordé à la MAP, M. Abouyassine a précisé qu’il ne suffit plus pour un candidat de présenter un programme qualifié de « bon ». L’exigence actuelle porte sur la mise en œuvre : comment les engagements seront-ils traduits en mesures suivies ? Quel impact concret auront-ils sur la vie quotidienne des citoyens, et plus particulièrement des jeunes ?

Ces attentes sont intrinsèquement liées à la question de la confiance, qui, selon l’intervenant, ne peut être consolidée que par une pratique politique de qualité. Cette confiance se forge lorsque le citoyen est en mesure de constater, sur le terrain, les résultats tangibles de son choix électoral.

M. Abouyassine observe également que les programmes électoraux sont plus à même de séduire la jeunesse s’ils apportent des réponses concrètes aux préoccupations du quotidien, qu’il s’agisse de la mobilité, des espaces sportifs et culturels ou des opportunités de formation et d’insertion professionnelle.

En tant que membre du Conseil consultatif de la jeunesse de la commune de Salé, il met en exergue l’importance de ces espaces de dialogue, qui permettent aux jeunes de passer du statut de destinataires passifs des politiques publiques à celui d’acteurs participant à la définition des priorités qui les concernent. L’un des défis majeurs consiste, selon lui, à élargir le cercle de consultation pour inclure les jeunes qui n’appartiennent à aucun cadre organisé.

À cet égard, les réseaux sociaux représentent, pour M. Abouyassine, un levier essentiel pour reformuler la politique dans un langage accessible aux jeunes. Que ce soit par la vulgarisation des compétences des institutions élues via des contenus courts, l’explication des programmes ou la facilitation des démarches de vote, ces outils offrent un espace de dialogue direct avec les candidats.

Enfin, il souligne que le défi de la prochaine étape est de passer d’une « communication électorale numérique » à une « citoyenneté numérique ». L’objectif est que les jeunes utilisent leurs outils numériques non seulement pour découvrir les candidats, mais aussi pour comparer les programmes, vérifier les données et interagir directement avec les acteurs politiques.